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APPEL D’AIR,

la persistance de la mémoire.

UN SPECTACLE DE ET PAR ITZEL PALOMO,

MIS EN SCÈNE PAR SILVIO PALOMO
 

 

Dans un dispositif scénographique organique, imaginé pour explorer et expérimenter un fonctionnement de la mémoire, Itzel interprète un solo en interaction avec une série de sculptures et objets. Ce spectacle est une invitation à prendre le temps. Il est un continuum de tableaux vivants, dans lequel le temps se dilate et la matière agit en profondeur. Dans un travail de sculpture et d’expérimentations plastiques, Itzel joue avec ses souvenirs. Avec humour et légèreté il ré-anime des sensations de souvenir qui peuvent résonner en chacun d'entre nous.

A solo performance mixing visual arts, sculpture and theatre, Appel d’air explores the meanders and malleability of memory. Itzel Palomo plays with our perceptions and feelings by constructing strange images. Using an organic stage design, this performance plunges us into a childhood that is as palpable as it is impenetrable…

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Dans ce spectacle, la scénographie n’est  pas un décor. Ce n’est pas du faux dur ou du faux mou. Elle se passe de la machinerie théâtrale, elle est autonome, un lieu dans le lieu... La scénographie est organique. Je la manipule et la pratique. Elle est un parcours introspectif; en somme un réel partenaire de jeu; partie prenante de la dramaturgie.

La scénographie, je la modèle, la fabrique, lui donne vie, la réinvente sans cesse. Par ailleurs, elle me meut à mon insu. Elle est donc vivante; une entité, une interprète à part entière avec laquelle j’évolue.

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                 1/ Cadre révélateur

Sur scène, un dispositif scénographique crée des conditions d’observation particulières.

Afin d’aborder la notion de flou, j’ai imaginé un outil:  “le cadre révélateur”. Cet outil est un châssis de bois de 3m x 3m, recouvert de film plastique. Il est un écran translucide. Par définition, il transmet la lumière de manière diffuse.

À travers celuici, les objets apparaissent flous. Grâce à cet outil optique, je peux cadrer, créer des focus. En jouant sur les distances, je peux faire des mises au point pour laisser apparaître des images. Grâce à la lumière, il est possible de le rendre plus ou moins opaque. Grâce à ce cadre, je laisse apparaître des  figures comme en peinture, par superposition de couches de lavis. Après plusieurs expériences autour du  film plastique, j’ai éprouvé le désir de l’explorer physiquement. Lors d’une performance, j’ai plongé entre deux couches de  film plastique. Comme pour me glisser dans l’interstice de cette mince frontière où venaient se confondre réalité, souvenir et imaginaire. Comme pour incarner mon propre souvenir. De cet “accident de parcours” est née l’idée, qui serait de plus qu’un instrument optique, un véritable agrès, moteur d’une scénographie organique. “Le cadre révélateur” est un espace hermétique dans lequel je peux me glisser.

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             2/ Homme pignata

Derrière ce cadre, je mets en scène des figures fortes de mes souvenirs. Ces figures sont matérialisées par des pantins de taille humaine, et des fruits géants, aux couleurs vives. Ces sculptures s’inspirent directement des “pignatas”. La pignata fait partie de mon enfance. C’est un objet que l’on fabrique en Amérique du Sud lors de festivités familiales. Elles sont faites en carton et papier mâché, recouverts de papier de couleurs. Remplies de sucreries, elles créent un engouement lors du jeu qui consiste à essayer de les casser chacun son tour, à l’aide d’un bâton, les yeux bandés. Ce que j’utilise pour ces sculptures c’est la technique d’habillage, avec du papier de couleur découpé en franges. Ce rendu est très visuel. Il confère à la sculpture une texture qui prend et renvoie formidablement bien la lumière. Il est question ici d’une sorte de “tactilité visuelle”. En asseyant ces figures autour d’une table, je fais apparaître un portrait de famille. En portant moi même un costume “pignata” je peux rejouer avec elles, une scène familiale.

 

 Ces objets ont certes une esthétique très typée, elles n’en sont pas moins des figures identifiables par tous. Il s’agit d’aborder dans un premier temps une notion de souvenir universel qui emprunte son imagerie à la photo de famille ou à la peinture. On navigue ici entre portrait familial et nature morte.

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Dans « appel d’air », il s’agit d’une invitation à suivre un plasticien dans son cheminement créatif. Comme si nous le regardions en train de travailler dans son atelier et d’expérimenter son rapport à la matière. Le temps présent est alors palpable quand se dresse devant nous une sculpture en temps réel où que l’on voie les couches de plâtre s’effriter laissant apparaître un paysage.

Ce qui est en jeu dans “Appel d’air” c’est un constant aller-retour entre l’atelier de plasticien et le plateau de théâtre. Mais également la confrontation entre le corps du performeur et les objets scéniques. L’écriture se construit comme une partition musicale où la parole, les objets, le corps, la lumière et les sons.

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                3) Gonflable Cette structure gonflable est une sphère ovale. Je l’ai fabriquée en textile élastique enduit de caoutchouc. Dégonflée c’est un matériau souple informe, dont on ressent un certain poids et une élasticité, et qui a un aspect organique. Lorsqu’on le gonfle apparaît la forme. Un volume de 1, 50 mètres de diamètre et 2 mètres de long. Ce grand volume vient habiter et perturber l’espace scénique. Rapidement, je joue avec.
Par définition, rempli d’air, il est une grande forme légère que je peux porter. Il devient alors un prolongement de mon corps. Malgré sa légèreté, le mouvement lui confère une importante inertie, qui vient influencer ma manière de bouger. À terme, il est question de lui donner une texture qui vienne contraster avec ses propriétés physiques.

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                 4/ La Toile peinte

Toile peinte recouverte de plâtre 2m x 4m Tout d’abord le châssis : l’envie était de construire un châssis de peinture traditionnel de taille monumentale. Pour réaliser une toile peinte qui serait un véritable objet scénographique. L’intérêt étant d’expérimenter une forte occupation de l’espace par une image. Et d’observer le rapport d’échelle qu’il génère à côté d’un corps humain. L’image: Il s’agit d’un paysage des Alpes suisses, peint d’après photo, au carreau. L’idée étant de matérialiser la grandeur de la montagne sur une grande toile. Et de venir confronter cette image au reste de la scénographie, à la façon d’un collage. Afin de renforcer cet effet de “copié-collé”, cette image je l’ai peinte dans des tons sépia, en utilisant du brou de noix. Ainsi, il y a un fort contraste qui se crée entre cette image et l’univers coloré qui la côtoie. Ou encore avec l’esthétique “néon plastique”du cadre révélateur. Un Blanc: recouverte d’une couche de plâtre, la toile peinte prend un autre statut. L’objet prend une certaine masse. Sa surface devient neutre, elle est un blanc, un silence, un vide dans l’espace scénique. Grâce à un mécanisme occulté, je fais vibrer la toile, afin d’obtenir un craquèlement de la couche de plâtre. Il s’agit ici de mettre en scène un phénomène de désagrégation par craquèlement. Dans le fracas d’un tremblement, on assiste à l’apparition de l’image à travers un trou. Un trou de mémoire.
 

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